Pose de carrelage intérieur et extérieur : du support au joint
Un carreau qui sonne creux au bout d’un an, un joint qui se fend en ligne droite sur toute la pièce, une terrasse qui se décolle après le premier hiver : la plupart des défauts d’un carrelage ne viennent pas du carreau, mais de ce qu’il y a dessous. Une pose de carrelage durable commence par un support plan, stable et sec, puis par le choix d’un carreau adapté à la pièce, intérieure ou extérieure.
Le carrelage, un revêtement pour toute la maison
Le carrelage se pose partout : cuisine, salle de bains, entrée, séjour, terrasse. Il résiste à l’eau, aux taches et au passage, à condition d’être choisi pour l’usage réel. Pour les sols, c’est presque toujours du grès cérame, peu poreux et résistant ; la faïence, plus tendre, reste réservée aux murs.
Le classement UPEC indique ce qu’un carreau de sol supporte : l’usure (U), le poinçonnement (P), l’eau (E) et les produits chimiques (C). Une entrée où l’on marche en chaussures demande un carreau plus résistant qu’une chambre.

Les revêtements de sol et de mur, un par un
Pose de carrelage intérieur
À l’intérieur, le carrelage se colle le plus souvent sur une chape ou une dalle. Le support doit être plan : on tolère en général un écart d’environ 5 mm sous une règle de 2 m, moins avec les grands formats. Au-delà, un ragréage, un mortier autolissant coulé en couche fine, remet le sol à niveau avant la pose.
En rénovation, on peut carreler sur un ancien carrelage s’il est sain et bien adhérent, après application d’un primaire d’accrochage. Un ancien parquet ou un sol qui fléchit sous le pas doit en revanche être déposé ou renforcé : le carrelage, rigide, ne suit pas les mouvements du support et se fend.
Le calepinage, c’est-à-dire le plan de disposition des carreaux, se fait avant de sortir la colle. Il évite les coupes étroites contre un mur visible ou dans l’axe d’une porte, et aligne les joints avec un couloir ou une baie.


Carrelage grand format
Les carreaux de 90 × 90 ou 120 × 120 cm réduisent le nombre de joints et agrandissent visuellement une pièce. Ils exigent un support très plan et une pose en double encollage, avec de la colle sur le sol et au dos du carreau, pour ne laisser aucun vide.

Carrelage effet bois
Le carrelage effet bois reproduit l’aspect des lames de parquet sans craindre l’eau ni les rayures. Ses lames longues se posent en quinconce décalé d’un tiers, pour limiter le léger bombé qu’ont souvent les grands carreaux rectangulaires.

Carrelage de terrasse
À l’extérieur, le carreau doit être ingélif et antidérapant, et poser sur une dalle en pente pour que l’eau s’évacue au lieu de s’infiltrer sous le revêtement.

Pose de carrelage extérieur
Dehors, le carrelage extérieur subit la pluie, le gel et des écarts de température qui le font travailler. Le carreau doit être ingélif et offrir une bonne adhérence sous les pieds mouillés : un classement antidérapant R11 est couramment conseillé pour une terrasse.
La dalle support reçoit une pente de 1,5 à 2 % vers l’extérieur, soit 6 à 8 cm sur 4 mètres, pour éloigner l’eau de la maison. La pose se fait en double encollage, avec des joints plus larges qu’à l’intérieur, et des joints de fractionnement tous les 4 à 5 mètres environ, qui absorbent la dilatation du revêtement.
Pour une allée ou des abords soumis au passage des voitures, la pose de pavés et de pierre bleue supporte mieux les charges et les mouvements du sol qu’un carrelage collé.
Quel format de carrelage choisir ?
Le format change la lecture de la pièce, mais aussi les exigences de pose. Plus le carreau est grand, moins il pardonne un défaut de planéité.
Parmi les formats que l’on peut rencontrer :
- 120 × 120 cm : très peu de joints et un rendu épuré, pour les grandes pièces ; support très plan et pose à deux personnes.
- 90 × 90 cm : grand format pour les séjours et pièces ouvertes.
- 30 × 120 cm : format lame, souvent en effet bois, qui allonge visuellement la pièce dans le sens de la pose.
- 60 × 60 cm : le format polyvalent, adapté à presque toutes les pièces.
- 30 × 30 cm : plus facile à poser sur un support imparfait, utile dans les petites pièces ou en pose modulaire.
- Petits formats : pour les douches à l’italienne, où ils épousent la pente vers l’évacuation, ou pour un effet décoratif proche de la mosaïque.

Préparer le support avant de poser du carrelage
Avant la pose, le support se vérifie sur trois points. Plan : une règle de 2 m posée au sol ne doit pas laisser passer plus de 5 mm environ. Stable : il ne doit ni fléchir, ni sonner creux, ni présenter de fissure qui travaille. Sec et propre : une chape neuve doit avoir séché plusieurs semaines, et les poussières empêchent la colle d’accrocher.
Un support irrégulier se corrige par un ragréage, une ancienne peinture ou un sol poussiéreux par un primaire. Dans une salle de bains, une natte ou un système d’étanchéité sous carrelage protège le support dans les zones de douche.


Carrelage, faïence et autres revêtements
Le carrelage de sol s’associe souvent à d’autres revêtements de la même famille. Sur les murs de la salle de bains ou de la cuisine, la pose de faïence et de mosaïque prolonge le sol et protège les zones exposées aux projections. À l’extérieur, le pavage et la pierre bleue prennent le relais pour les allées et les abords.
Pourquoi un carreau sonne-t-il creux ?
Un carreau qui sonne creux quand on le tapote révèle un défaut d’adhérence : la colle ne couvre pas tout le dos du carreau, ou s’est décollée du support. Ce n’est pas forcément grave. Un son creux sur un angle d’un carreau stable relève souvent d’une colle mal répartie ; un carreau qui bouge, qui se fissure, ou une zone creuse qui s’étend, signalent un support qui travaille ou une pose sans double encollage.
Dans le premier cas, on peut surveiller. Dans le second, il faut déposer les carreaux concernés, vérifier le support, puis reposer en encollant les deux faces.
