Rejointoiement de façade : quand et comment refaire les joints
Un joint qui s’effrite sous l’ongle, du mortier en poudre au pied du mur, des creux de plusieurs millimètres entre les briques : l’eau de pluie trouve alors un passage dans la maçonnerie. Le rejointoiement de façade consiste à dégarnir ces joints usés sur 1,5 à 2 cm de profondeur, puis à les regarnir avec un mortier neuf, compatible avec la brique ou la pierre du mur.
Le rejointoiement, une technique de réparation ciblée
Dans un mur en brique ou en pierre, le joint est la partie la plus exposée : c’est lui qui reçoit l’eau, le gel et le vent en premier. Il est aussi conçu pour s’user avant la brique. Un mortier plus tendre que la maçonnerie laisse l’humidité s’évacuer par les joints ; quand il s’érode, on le remplace, et la brique reste intacte.
Refaire les joints à temps évite des réparations plus lourdes : briques éclatées par le gel, infiltrations dans les pièces, enduits intérieurs qui cloquent.

Les autres étapes d’une rénovation de façade
Un double rôle, esthétique et fonctionnel
Sur le plan technique, des joints pleins et sains ferment le mur à la pluie battante : un mur sec conserve mieux la chaleur qu’un mur gorgé d’eau. Sur le plan visuel, la couleur, la texture et le profil des joints comptent autant que la brique : un joint trop gris ou trop saillant change toute la lecture d’une façade ancienne.
| Opération | Fonction principale |
| Sablage ou gommage | Nettoyer la façade et révéler l’état des joints |
| Rejointoiement | Refermer les joints par où l’eau entre |
| Hydrofuge | Limiter l’absorption de la pluie par la brique |
- Fermer le mur à la pluie battante et au gel
- Retrouver l’aspect d’origine d’une façade en brique ou en pierre
Le joint doit rester moins dur que la brique : c’est lui qui s’use, pas le mur.

Les premiers symptômes visibles de la dégradation des joints
Les signes apparaissent d’abord dehors : joints creusés ou friables, fissures qui suivent les joints, mousses sur les zones humides, poudre de mortier au pied du mur. Puis à l’intérieur : taches sombres autour des fenêtres, papier peint qui se décolle sur un mur extérieur. Ces signes intérieurs peuvent aussi venir de condensation ou de remontées capillaires : l’état des joints se vérifie donc d’abord de l’extérieur.
Les conséquences d'une intervention tardive
Du joint creusé à la brique
Un joint creusé retient l'eau au lieu de la rejeter. En hiver, cette eau gèle, gonfle et fait éclater l'arête des briques voisines ; au fil des saisons, les briques s'effritent à leur tour et devront être remplacées. À l'intérieur, l'humidité qui traverse le mur fait cloquer les enduits, décolle les revêtements et entretient une odeur de moisi.
Trois vérifications à faire soi-même
- Grattez un joint avec une clé : s'il s'effrite ou se creuse facilement, il ne protège plus le mur.
- Mesurez la profondeur des creux : au-delà de quelques millimètres, l'eau stagne dans le joint.
- Regardez le pied du mur : de la poudre de mortier ou des débris de brique signalent une usure active.
Points de vigilance à surveiller
| Signe observé | Risque associé |
| Joints creusés ou friables | Mortier érodé par la pluie et le gel |
| Arêtes de briques éclatées | Eau gelée dans les joints creux |
| Taches sombres autour des fenêtres | Infiltration par les joints ou les appuis |
| Papier peint décollé sur un mur extérieur | Humidité qui traverse le mur |
Une vérification des joints tous les deux ou trois ans, surtout sur les façades exposées aux vents de pluie, évite que l'usure ne gagne la brique.
Les mortiers utilisés pour rejointoyer les murs
La règle est simple : le mortier doit être moins dur et plus perméable que la brique ou la pierre qu'il lie. Sur une maison ancienne montée à la chaux, on rejointoie à la chaux hydraulique naturelle pour les façades exposées, ou à la chaux aérienne, plus souple, sur les parties abritées. Le ciment, trop dur et trop étanche, piège l'humidité dans la brique ancienne, qui éclate autour du joint neuf. Il reste réservé aux maçonneries modernes, en parpaing ou en brique industrielle.
La teinte se règle avec le sable et d'éventuels pigments, et le profil du joint (plat, en retrait, brossé) suit celui d'origine.
Le sablage, une étape préparatoire avant de remplacer les joints
Un sablage de façade à basse pression, ou un gommage, nettoie la brique et révèle l'état réel des joints. Vient ensuite le dégarnissage : les joints sont creusés sur au moins deux fois leur épaisseur, soit 1,5 à 2 cm environ. Le support est humidifié, puis le mortier est serré au fer à joint, en deux passes si le creux est profond. On évite de travailler par temps de gel, sous 5 °C, ou en plein soleil : le mortier séché trop vite se fissure.
Critères pour choisir un expert en rejointoiement
| Critère | Point de vigilance |
| Garantie décennale | Vérifier l'attestation en cours de validité |
| Références | Demander des façades anciennes déjà rejointoyées |
| Devis | Exiger le type de mortier, la profondeur de dégarnissage et la finition du joint |
- Vérifier la garantie décennale de l'entreprise
- Demander un devis détaillé qui précise le mortier prévu
- Faire réaliser un essai de teinte sur une petite zone
- Un joint neuf trop dur ou trop clair se remarque pendant des années : l'essai sur quelques briques vaut mieux qu'une façade entière à reprendre.

Que faire après le rejointoiement ?
Le rejointoiement s'inscrit souvent dans une rénovation de façade plus complète : nettoyage, remplacement des briques abîmées, reprise des joints, puis protection. Une fois les joints secs, un traitement hydrofuge peut limiter l'absorption de la pluie par la brique ; appliqué trop tôt, il enfermerait l'humidité du mortier frais.
Sur une maison ancienne, le ravalement de façade en brique suit cet ordre. Un rejointoiement à la chaux bien exécuté tient plusieurs décennies.
