Gros œuvre d’une maison : étapes, travaux et techniques
Une fois la maison habitée, on ne voit plus ses fondations, ses chaînages ni ses planchers. C’est pourtant là que se décide sa tenue : le gros œuvre regroupe le terrassement, les fondations, les murs porteurs, les planchers, la charpente et la couverture, c’est-à-dire tout ce qui porte la maison et la met à l’abri.
Le gros œuvre, ce qui porte et ferme la maison
Le gros œuvre d’une maison commence avec le premier coup de pelle et s’arrête quand le bâtiment est fermé et couvert. Tout ce qui vient ensuite, isolation, cloisons, électricité, revêtements, relève du second œuvre et repose sur lui : un carrelage qui fissure ou une porte qui frotte trahissent souvent un gros œuvre qui a bougé.
Les fondations se dimensionnent d’après le terrain. Un sol argileux gonfle quand il pleut et se rétracte en période sèche ; sur ces terrains classés en aléa moyen ou fort, une étude géotechnique est exigée depuis la loi ELAN. Les semelles descendent sous la profondeur hors gel, généralement entre 50 cm et 1 m selon la région, pour que le gel ne soulève pas la maison.
Les défauts qui compromettent la solidité de l’ouvrage relèvent de la garantie décennale pendant dix ans après la réception des travaux. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gros œuvre se confie à des entreprises assurées pour ce type de travaux.
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Quels travaux font partie du gros œuvre d’une maison ?
Le gros œuvre suit un ordre précis : chaque étape sert d’appui à la suivante, et une erreur au début se retrouve dans tout ce qui est construit au-dessus.
- Terrassement : décapage de la terre végétale, creusement des fouilles, mise à niveau de la plateforme.
- Fondations : semelles en béton armé coulées en fond de fouille, sous la profondeur hors gel.
- Assainissement : raccordement au tout-à-l’égout, ou installation individuelle contrôlée par le SPANC là où le réseau n’existe pas.
- Soubassement : murs enterrés entre fondations et plancher, protégés de l’humidité du sol.
- Élévation des murs : brique, parpaing ou béton cellulaire, reliés par des chaînages en béton armé.
- Planchers et dalles : dalle sur terre-plein, plancher sur vide sanitaire, plancher d’étage.
- Mise hors d’eau et hors d’air : charpente et couverture, puis menuiseries extérieures.

Fondation et terrassement
Le terrain est décapé, les fouilles creusées, puis les semelles de béton armé coulées sous la profondeur hors gel. Leur largeur dépend de la portance du sol et du poids des murs.

Élévation des murs
Brique, parpaing ou béton cellulaire montent rang par rang. Des chaînages horizontaux et verticaux en béton armé relient les murs entre eux, pour que la maison travaille comme un seul bloc.

Mise hors d’eau et hors d’air
La charpente et la couverture mettent la maison hors d’eau ; la pose des menuiseries extérieures la met hors d’air. Le second œuvre peut alors commencer à l’abri des intempéries.

Gros œuvre et rénovation d’une maison
Le gros œuvre ne concerne pas que le neuf. Agrandir, surélever, ouvrir un mur : dès qu’un projet touche aux éléments porteurs d’une maison existante, il faut savoir comment les charges descendent jusqu’au sol avant de modifier quoi que ce soit.
Une extension ou une surélévation ajoute du poids ou des fondations neuves contre des fondations anciennes, qui ne se tasseront pas au même rythme. L’ouverture d’un mur porteur impose de reprendre la charge par une poutre, dimensionnée par un bureau d’études, avant toute démolition.
Construction d’une maison en brique
Dans le Nord, la brique n’est pas mise en œuvre de la même façon selon l’âge de la maison. Une maison ancienne a souvent des murs porteurs en brique pleine, liés à la chaux, qui laissent passer l’humidité. Une construction récente associe généralement un mur porteur en parpaing ou en brique creuse, un isolant, puis un parement en brique qui ne porte que lui-même.
Cette différence compte dès qu’on intervient sur l’existant : un mortier ou un enduit trop étanche sur un mur ancien retient l’eau dans la brique, qui se dégrade. Le choix du mortier et des reprises relève alors de la maçonnerie générale, adaptée au bâti ancien.

